Philippe RAMON : « RESANA, pour moi, ça a été une énorme valeur ajoutée »

En octobre 2017, le Président de la République lance le Plan Particulier pour la Creuse, avec pour ambition de redynamiser le territoire économiquement et démographiquement. Nommé directeur du projet, Philippe RAMON, Sous-Préfet, assure son bon déroulement. À travers RESANA, le réseau social collaboratif des agents de l’État en Nouvelle-Aquitaine, il coordonne la participation de plusieurs centaines d’acteurs locaux publics et privés à ce Plan particulier à bien des égards.

« Qu’est-ce que le Plan Particulier pour la Creuse exactement ?

Suite à la fermeture partielle de l’entreprise GMS, le Président de la République a décidé de lancer un grand plan de revitalisation du bassin d’emploi de la Creuse. Au lieu d’être un plan descendant, avec des instructions, un cadre ou des directives provenant d’un échelon national ou européen, le Plan Particulier pour la Creuse est très bottom-up. C’est sa particularité. Autrement dit, le Président a souhaité donner la main aux forces vives du territoire. 

Pouvez-vous nous en dire un peu plus à propos de votre rôle dans ce projet ?

J’ai été chargé de mettre en place une gouvernance qui associait tous les élus et grands élus de ce territoire. Les parlementaires, la Présidente du Conseil départemental, la Vice-Présidente en charge du Conseil Régional, tous les présidents d’EPCI, de Communauté de Communes, de Communauté d’Agglomération, le président de l’Association des maires, les présidents des chambres (d’agriculture, de commerce, des métiers, consulaires, …), … Tous les acteurs locaux ont été mobilisés pour définir une stratégie et un objectif, partager un diagnostic. On a ensuite mis en place des groupes de travail, tous présidés par des élus. Ces derniers avaient pour mission de créer, porter et présenter des projets solides et concrets, pas seulement des idées. En tant que directeur de projets, ma mission consiste surtout à lever les freins que rencontrent ou peuvent rencontrer ces projets afin de leur permettre une mise en œuvre rapide. 

Vous êtes Directeur du projet. Indirectement, est-ce que vous diriez que vous êtes à la tête de toutes ces personnes ?

Je ne suis à la tête de personne. Je suis le coordinateur chargé de mettre en relation, de lever les freins et de faire remonter les informations ainsi que les difficultés aux ministères, au Premier Ministre et parfois à l’Elysée. Je suis en position d’accompagnement, pas de décision. Justement, l’objectif de ce projet c’est de placer des porteurs de projet. Ce sont eux qui sont à la manœuvre. De notre côté, on vérifie que l’on reste bien dans les orientations stratégiques définies par le Comité de pilotage. J’ai pour mission de résoudre les problèmes que rencontrent les porteurs de projets.

Le Plan Particulier pour la Creuse a été signé il y a peu, le 5 avril 2019. Comment s’est déroulée cette journée ?

Il a été signé en présence et sous l’autorité du Premier Ministre lui-même. À ses côtés, il y avait Jacqueline Gourault, la Ministre de la Cohésion des territoires et des Relation avec les collectivités territoriales, ainsi que la totalité des acteurs du territoire (cf question 2). Tout le monde a signé. Quatre-vingt seize engagements ont été arbitrés par le Premier Ministre. Ils consistent à soutenir un certain nombre de projets. Par exemple, sur l’agriculture, l’engagement consiste à dire que l’on va soutenir tous les projets permettant une diversification de l’agriculture, avec une plus grande part de valeur ajoutée, sur le territoire de la Creuse. Maintenant, il faut que l’on mette tous les projets en œuvre. On en a déjà 6 ou 7 qui ont été identifiés et qui sont portés par les acteurs locaux.

Le Plan a reçu une enveloppe de 80 millions d’euros. C’est plutôt un succès ?

Le Plan Particulier pour la Creuse suit avant tout une logique de projets, et non de fonds financiers à distribuer. Au bilan, sur l’ensemble des projets, on est effectivement arrivés à mobiliser autour de 80 millions d’euros pour permettre leur aboutissement. Mais, cette enveloppe n’est pas fermée. Il peut très bien y avoir de nouveaux projets, tandis que d’autres vont probablement être amenés à disparaître. Ça va évoluer progressivement. Pour le moment, on part sur 80 millions d’euros mais il pourrait y en avoir pour plus ou moins en fonction de la mise en œuvre réelle des projets.

Comment avez-vous planifié la grande réunion pour la signature ?

La convocation pour la venue du premier ministre a été faite sur RESANA. A l’exception de quelques personnes qui ont été contactées différemment, l’information est passée par ce réseau. À travers un événement, créé sur la plateforme, je pouvais faire des relances, suivre qui a vu le message ou non, qui a répondu, … Ils reçoivent des notifications. C’est vraiment important. En plus, j’avais convoqué tout le monde pour 9h30. Mais, au dernier moment, il y a eu un changement d’heure à 8h15, soit 1h15 plus tôt que prévu. J’ai directement modifié ce détail sur RESANA. Apparemment tout le monde a reçu l’information car personne ne m’a dit ne pas avoir été informé. 

Pour quelles raisons avoir choisi d’utiliser RESANA ?

Il fallait, en très peu de temps, entre la fin des mois de février et de juin, coordonner les réunions et comptes-rendus de 17 groupes de travail. Ça a abouti à 130 fiches de projets que j’ai ensuite défendues au niveau national. J’étais à temps plein sur le sujet et, malgré tout, j’ai déjà eu du mal à participer à toutes les réunions. De leurs côtés, les membres du comité de pilotage ne pouvaient pas être présents de partout. Il fallait absolument que l’on trouve une solution pour permettre à tout le monde de se tenir au courant, proposer les comptes-rendus, fixer les convocations, connaître les agendas de tous les groupes de travail, … J’avais défini un cahier des charges sommaire … Le SGAR (Secrétariat aux Affaires Régionales) m’a dit qu’ils développaient quelque chose qui pourrait répondre à mes besoins. M. Christophe CHAUSSE, chargé de mission Déconcentration, modernisation & affaires juridiques, est venu me présenter et me former à la plate-forme. J’ai tout de suite été convaincu. Je me suis tout de suite impliqué, assez fort, pour créer des espaces de travail.

Vous avez eu des difficultés dans le déploiement auprès de l’ensemble de toutes les personnes concernées ?

J’ai ajouté environ 500 personnes sur la plate-forme. J’ai eu quelques difficultés avec les personnes qui ne sont pas familières aux outils connectés, aux réseaux sociaux. Mais bon, je leur ai dit qu’il n’y avait pas le choix et qu’il fallait impérativement s’y mettre… Il y en a qui ont eu un peu de mal au début, notamment parmi les grands élus. Mais finalement, chacun s’est bien mis sur l’outil parce que j’ai tenu bon. Je leur ai dit que je ne comptais pas faire de l’information nominative sur tous les sujets. Donc s’ils ne venaient pas sur RESANA, ils n’auraient pas toute l’information. Tout simplement. Si vous voulez accéder au plan, aux fiches projets, aux calendriers, … tout est sur RESANA. Cela a été assez simple en définitive et l’adaptation a été plutôt rapide pour tout le monde, même pour les publics peu “digitaux”.

Quel est l’outil qui vous a le plus manqué ? Ou bien, celui que vous aimeriez voir apparaître sur la plateforme ?

Quand on s’est installé sur RESANA, tout allait très vite. Certains auraient bien aimé avoir accès à une application mobile. Aussi, mais c’est peut-être un peu trop compliqué, j’aurais aimé un GANTT pour suivre les calendriers, la mise en œuvre de tous les projets, … Ça aurait été une valeur ajoutée assez importante. Aujourd’hui, justement, ce qui m’intéresserait ce serait de pouvoir mettre en place, groupe par groupe, un GANTT avec des échéances et des objectifs en termes de délai.

Quels sont les outils qui vous ont le plus plu ?

J’aime beaucoup l’outil pour les événements. Je le trouve vraiment très bien, très facile. On peut y ajouter des sondages, des questions et renseigner quelques éléments comme la date, l’adresse, la carte avec le lieu, …

Êtes-vous satisfait de RESANA ?

RESANA, pour moi, ça a été une énorme valeur ajoutée. J’en suis tout à fait satisfait. D’ailleurs, je suis complètement disposé à en faire la pub. Je l’ai même déjà fait quand on a eu l’inspection générale de l’administration. Ils étaient venus voir comment était géré le Plan Particulier pour la Creuse. Je les ai inscrits sur RESANA pour qu’ils suivent l’avancée du plan. Je le recommanderais bien à d’autres directeurs de projets.

Maintenant que le Plan Particulier pour la Creuse a été signé, comment comptez-vous vous servir de la plateforme ?

Je vais encore en avoir besoin, mais de façon plus allégée, calme. Il y a moins l’urgence d’avoir tout le monde en même temps. Là, on va continuer à alimenter la presse, les comptes-rendus des réunions, … Pour moi c’est le lieu de référence. Toutes les fiches de projets validées doivent être sur RESANA sinon elles ne le seront pas. Ce qui n’est pas sur RESANA n’existe pas vraiment (rire). Je vais continuer à en avoir besoin, notamment pour le suivi et permettre à tous les groupes d’avoir les informations, continuer à convoquer le comité de pilotage, les états généraux, etc. ». Mais pour que je puisse mieux exploiter l’outils, il faudrait que tous les acteurs renseignent plus précisemment leur profil. Et ça, c’est pas gagné !


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